Sud Pérou de Ica à Cusco

Sud Pérou de Ica à Cusco

Notre périple dans le sud du Pérou commence le long du Pacifique après 15h de bus, c’est ici au milieu du désert que surgit la petite ville d’Ica. Après une rapide visite de la vielle ville et de son musée afin d’en apprendre un peu plus sur les différentes civilisations qui ont façonné le pays (incas, wari, nazca, paracas…), nous filons à Huacachina, véritable oasis dans le désert. Locaux et touristes viennent ici pour se détendre entre balades en buggy et descentes de dunes en surf. Nous nous contenterons d’une ascension vers le sommet des dunes avec à la clé un coucher de soleil sur le désert à perte de vue. Retour de nuit à Ica, et comme la nuit dernière nous aurons beaucoup de mal à trouver le sommeil, la faute d’un bruit strident et récurrent. Au réveil nous interrogerons le gérant de l’hôtel afin d’en savoir un peu plus sur l’origine de ce bruit. Réponse de l’intéressé : « ha ça ? C’est le sifflet du gardien, pour prouver qu’il travaille et les habitants du quartiers n’ont rien trouver de mieux que de lui demander de siffler toute la nuit pour prouver sa présence… »

A part quelques détails de ce genre, les péruviens sont des gens adorables, avenants, souriants et avec en général très peu de vice. Ils ne fument et ne boivent quasiment pas, exception faite de la délicieuse boisson traditionnelle le « Pisco Sour » que nous ne manquerons pas de déguster à chaque nouvelle ville dans le cadre d’une étude comparative, évidemment ! D’ailleurs notre dernier jour ici, sera l’occasion d’aller visiter les vignobles de la région, bah oui on n’est pas là par hasard, Ica est la ville du vin et du Pisco, du coup cet après midi on fait les caves…

Départ ensuite pour Arequipa, joyau architectural du pays, surtout connu pour son volcan « el Misti » (6000m) et les  montagnes qui l’entourent hautes de plus de 7000m. Nous resterons quelques jours à Arequipa, l’occasion de visiter de nuit et donc à la bougie le couvent Santa Catalina et ainsi comprendre comment vivaient les religieuses de l’époque dans cette forteresse, véritable ville dans la ville. L’autre musée qui retiendra notre attention sera celui de Juanita, « la jeune fille des glaces » retrouvée dans un bloc de glace en 1994 après avoir été sacrifiée par les incas aux dieux des montagnes 500 ans plus tôt. Après le récit de l’expédition, la visite se soldera par la découverte du corps de Juanita encore très bien conservé par le froid. Pour le reste, quelques achats de souvenirs, du repos et des restaurants, dont une crêperie, d’ailleurs « Mémé Bretagne », « Mémé Louisette » dormez en paix les Incas sont encore loin d’avoir percés le secret de votre savoir faire ! A part ça, Arequipa est surtout connue pour être le haut lieu de l’activité sismique en Amérique Latine, ainsi, chaque jour on peut y ressentir des tremblements de terre, d’ailleurs le dernier séisme important nous contraindra à revoir nos plans concernant le trek de 2 jours dans le canyon de la Colca à 4h d’Arequipa. Plutôt que de descendre dans le plus profond canyon de la planète, nous devrons nous contenter de l’observer d’en haut. Pour le reste, le trek se déroulera au milieu des cactus, geysers ponctué par une invitation à la médecine des plantes péruviennes puis se couronnera par 2h à observer des condors (un chouïa touristique), bref 2 jours bien remplis.

Retour à Arequipa, puis départ immédiat pour Cusco la deuxième ville du pays. Ruelles pavées, maisons coloniales avec balcons en bois, Cusco a tout pour plaire, y compris un nombre incalculable de restaurants, de marchés et de musées. Après avoir enfin tout organisé pour notre épopée au Machu Picchu, nous partirons visiter la ville et ses ruines incas : Sacsayhuamàn, Q’enqo, Puka Pukara afin de mieux comprendre les rites et la façon de vivre des incas. Comme pour les Mongols, la nature est au centre des préoccupations Incas, ainsi la vraie richesse se trouvait d’après eux dans les arbres, l’eau et les pierres, et l’or qui abondait dans la région n’était utilisé que pour décorer les murs. Autant dire que quand les espagnols sont arrivés ils ne se sont pas fait prier pour faire fondre l’or et voler les pierres afin de construire leurs maisons coloniales. En sus de la culture inca, notre escapade à Cusco nous permettra de goûter au dernier met péruvien qui manquait à notre tableau de chasse : Le cochon d’inde « cuy » (prononcer « couille »). Si la bête arrivant entière dans l’assiette n’est en rien appétissante, la chaire de l’animale, entre lapin et caille, constitue une bonne surprise. Si nous nous sentons extrêmement bien au Pérou depuis notre arrivée, force est de constater qu’il n’y a pas eu de choc des cultures comme cela avait pu être le cas en Asie. Cela est probablement dû au fait que la langue mais aussi leurs habitudes ainsi que leur religion nous sont familières.  Et pour ne rien arranger à la chose pour notre dernier jour à Cusco nous devrons faire face à une grève générale, impossible de faire quoi que se soit, et pour cause des milliers de personnes dans la rue contre la hausse du coût de la vie, les manifestants rentrent dans chaque magasin ouvert afin d’intimider ceux qui ne font pas grève, du coup c’est un peu tendu. La grève et les syndicats sont largement entrés dans les mœurs au Pérou, nés notamment de l’époque où le travail dans les mines n’était pas réglementé et peu rémunérateur, là encore il est difficile de parler de choc des cultures, nous en terme de grève on en connait un rayon…

Il est 5h du matin, le réveil sonne, la journée marathon pré-Machu Picchu peut commencer. 4h de bus d’après l’office du tourisme, 7h en réalité puis une heure de taxi jusqu’à Santa Maria et encore 45 minutes de taxi jusqu’à Hydroelectrica, de là nous pouvons commencer notre balade le long des rails pour 2h dans la jungle environnante du Machu Picchu. Il est 18h30 nous arrivons de nuit à Agua Calientes, qui ressemble en tout point à une station de ski. Pas le temps d’en profiter, nous partons dormir pour être en forme dans quelques heures. 4h du matin, c’est le grand jour, départ à la lampe frontale accompagnés de Richard un Tourdumondiste français dont nous avons fait la connaissance la veille. 5h du matin : c’est l’ouverture du pont, la montée infernale sur le chemin de l’inca peut enfin commencer. Nous sommes une cinquantaine à nous suivre en file indienne dans l’obscurité. Il y a comme une sorte d’excitation générale, tout le monde s’entraide. Une heure plus tard nous arrivons au sommet et à l’entrée du site. 2500 entrées par jour nous faisons partis des élus, oui mais voilà la météo en a décidé autrement, on ne voit pas à 20m, du coup le site perd un peu de son charme. Nous décidons d’en profiter pour entamer l’ascension de la Montagne Machu Picchu qui surplombe le site, 1h30 d’ascension ardue dans le froid et le brouillard. Une fois là-haut les nuages continuent de nous gâcher la vue pendant 1h avant de disparaître peu à peu, laissant ainsi les ruines les plus connues de la planète sortir peu à peu de la brume : splendide ! Nous passerons en tout 2h à contempler et à prendre le Machu Picchu sous tous ses angles, avant de redescendre au milieu des ruines pour un pique nique et une bonne sieste. Il est 15h les touristes commencent à partir, le moment idéal pour se perdre dans les ruines du site. Nous sommes désormais presque seuls, et les couleurs qui résultent du soleil couchant rendent l’instant encore plus magique. Nous rentrerons ce soir là avec le sourire jusqu’aux oreilles à Agua Calientes mais complètement éreintés. Avec la fatigue accumulée des 2 derniers jours, nous décidons de rentrer en train malgré le prix surréaliste du billet. Entre 40$ et 90$ pour 1H45 de train, c’est clairement le point noir du Machu Picchu, des sociétés chiliennes disposent de la concession sur le chemin de fer ainsi que sur l’entrée du site pour une durée limitée, du coup les 2 sociétés en question en profitent pour afficher des tarifs ridiculement élevés. Entre le Coca à 10$ et les 25minutes de bus à 20$ on prend vraiment les touristes pour des vaches à lait. Sur le retour du MP nous irons visiter le reste de la vallée sacrée avec Ollantaytambo ainsi que les salines de Maras, le tout en colectivos, avec l’aide de la population locale toujours aussi avenante avec nous, finalement le Pérou et surtout les péruviens méritent bien plus que la réputation qui leur est faite dans les guides qui nous mettent systématiquement en garde contre les vols et la violence.

Le Pérou touche à sa fin, nous partons conquis et agréablement surpris des paysages traversés, de la population rencontrée et bien évidemment de la gastronomie largement expérimentée . Retour à Cusco nous prendrons un bus de nuit pour la Bolivie, direction le lac Titicaca et l’Isla del Sol à Copacabana.