Cambodge Acte II

Cambodge Acte II

A Phnom Penh nous avons rendez vous avec une autre page de l’histoire du pays, beaucoup plus récente et  nettement moins glorieuse cette fois.  Le chemin jusqu’à PP se fera en bus. D’ailleurs, s’il suffit de fermer les yeux  pour éviter les films de Kung-fu locaux, dormir pendant les séances de karaoké relève de l’exploit, nous ne dormirons donc pas dans le bus cette fois-ci.

A PP, nous retrouvons Vouth un proche de la famille. Oublié le bus, sac à dos et repas à 2$, ici nous serons traités comme des princes : Visite de la ville en voiture, chambre climatisée, repas gargantuesques et première ice cream (au chocolat !!) .Des vacances dans nos vacances !!! Pour ce qui est du reste la circulation ici est encore plus anarchique que dans le reste du pays, malgré la présence de nombreux policiers qui avouons-le ne se font pas franchement respecter. Le vélo est donc à proscrire dans la capitale (en même temps, c’est facile à dire, on a un chauffeur !!). Première visite de la ville : les stands du marché central sont impressionnants malgré une organisation qui consiste à vendre exactement le même produit que son voisin c’est d’ailleurs un leitmotiv dans tous les quartiers de la capitale ! Xavi, ta science du linéaire ne serait pas de trop ici !!! Après une étape  indispensable  au palais royal qui s’avérera être qu’une pâle copie de celui de Bangkok, direction la prison S21, symbole de toutes les atrocités commises par les Khmers rouges à la fin des années 70, pas le moment le plus agréable. D’ailleurs en vivant auprès de locaux, pour la première fois, nous avons eu l’occasion d’en savoir plus sur le quotidien des gens d’ici. Pas de quoi se réjouir : le pays est extrêmement pauvre, la grande  majorité  des gens ici travaillent 363 jours par an pour un salaire de misère (100 $/mois). Allez donc expliquer à des cambodgiens que nous faisons un trip de 16 mois à travers le monde !!! Il n’y a aucun partage des richesses qui sont pour la plupart exploitées par quelques notables et par la Chine  avec bien entendu  l’aide  de politiciens véreux du pays,  certains d’entre eux étant même d’anciens hauts responsables khmers rouges. Ce n’est donc pas une surprise si le Cambodge fait parti de la liste des pays les plus corrompus au monde. Malgré tout, la vie peut être forte agréable dans la capitale et les gens aiment sortir jusqu’à tard le soir le long du Mékong où sont alignés bars, clubs  et restaurants.

Après 2 jours à PP nous partons vers le sud du pays afin de varier les paysages et ainsi profiter des plages désertes et paradisiaques qu’offre le Cambodge. Nous logeons dans un bungalow sur pilotis à flanc de colline avec vue plongeante sur la mer. Nous assisterons au coucher du soleil depuis le hamac de notre balcon… ça vaut facilement le Sacré Cœur ! Néanmoins Thomas semble quelque peu anxieux à l’idée de partager sa nuit avec  les araignées, moustiques et autres êtres en tout genre. D’ailleurs, nous partagerons pendant 3 nuits, notre salle de bain avec une grenouille qui malgré nos nombreuses tentatives d’expulsions se retrouvait chaque matin au même endroit ! Emi et les grenouilles c’est une histoire sans fin !! A Kep, capitale du crabe nous ferons le tour du parc national avant de rejoindre le Kimly Restaurant et ainsi gouter à la spécialité locale « le crabe au poivre de Kampot », un délice et la médaille d’or du meilleur plat depuis notre départ. En 4 jours nous mangerons 3 fois au Kimly dont deux fois avec les « Doudous », un couple de français de Pornichet  rencontré à Kep avec lesquels nous nous sommes entendus à merveille, nous partagerons avec eux quelques moments à refaire le monde. Nos chemins se sépareront à Sihanoukville. Entre couchers de soleil, baignades sur l’île voisine et excursion à Kampot, nous passerons un très bon séjour à Kep. Les quelques 30Km qui séparent Kep de Kampot sont pour nous l’occasion de traverser des rizières et autres paysages typiques Indochinois  à couper le souffle. Nous serons ensuite guidés par Té une gamine de 8 ans et ses deux compères pour visiter les grottes du coin.  Té sera capable de nous faire la visite en anglais, allemand, français, espagnole, et même en australien ! « Oui mais c’est comme l’anglais Té? » « Peut être mais ça fait quand même une langue de plus ! »… vu comme ça !

Après 4 jours à Kep, nous prenons la route pour Sihanoukville, la cité balnéaire par excellence du Cambodge.  Après moult recherches, Emilie craque pour un bungalow à 20$ la nuit, « 20$ ?? Trop chère mon fils »! En même temps le cadre est idyllique,  un paisible bungalow les pieds dans l’eau, tenu par un français et qui répond au drôle de nom de « chez Paou », « quoi en plus le Pastis est à 1$, on valide  et pour 2 nuits»! Au final, nous dormirons de 22h30 à 0h30, puis une meute de chien nous tiendra éveillée  jusqu’à 3h du matin, à 4h c’est au tour du coq du voisin de faire des siennes pendant 2h et ce toutes les 25 secondes. A 6h c’est la fille de ces mêmes voisins qui fera la nouba. Conclusion,  il n’y aura plus de chambre à 20$ !!! Pour le reste, pas le temps de s’ennuyer ici entre une sortie en mer autour des 3 îles voisines, un peu de snorkling, beaucoup de baignade, un barbecue sur la plage puis pêche à la ligne façon cambodgienne. Emilie sort des poissons 3 par 3 avant de les rejeter à la mer, à ses cotés, bredouille, un gros Russe torse nu avec l’air intelligent finira par s’emporter en disant « c’est facile tu pêches toujours le même poisson »

Dernier matin sur la côte et surprise au réveil on a piqué un caleçon de la lessive d’hier qui séchait dehors, sympa pour Tom, de 4 caleçons il passe à 3 ! Ça commence à devenir limite !! D’ailleurs Tom a développé un p’tit quelque chose avec les cambodgiens depuis 3 semaines. Entre l’épisode du caleçon et le petit de 5 ans d’hier qui lui tirait les poils des aisselles en criant « «monkey, monkey », sans parler du chauffeur de bus du jour qui au détour d’une conversation lui demande pourquoi il se colore les  cheveux en blanc sur les cotés et pas beaucoup sur le dessus !!!!

De retour à PP pour 1 jour avant notre départ pour le Mondolkiri (à l’Est du pays), nous tombons sur les funérailles de Sihanouk mort il y a 3 mois, la capitale est paralysée par le cortège et la télé diffuse 24h /24 les exploits de celui qui aura permis au Khmers rouges de prendre le pouvoir en 1975, allez comprendre ! Point de deuil chez Vouth chez qui nous sommes revenus mais un festin français, nous avions fait la cuisine pour l’occasion afin de les remercier de nous avoir accueillis.

Départ pour 8h de bus le 2 Février, et toujours le Karaoké… Au Mondolkiri, nous arrivons à Sen Monorom une petite bourgade cambodgienne. A la recherche d’un logement, Emilie accostera des « français » car ils portent un sac à dos Quechua, c’est la « Théorie des sac à dos », faux ils sont Suisses, mais ils font leurs courses en France.  Ils font actuellement leur voyage de noces,  3 mois à travers l’Asie, plutôt cool comme  idée (à mettre de coté au cas où). Au fil des discussions nous nous rendons compte que nous partageons le même goût immodéré pour la gastronomie, le bon vin et les voyages ! Encore une fois nous sommes très bien tombés.  Chute d’eau de Bu Sra (les plus hautes du pays), baignade dans la rivière, visite d’une tribu voisine et point de vue sur la vallée du Mondolkiri rythmeront notre 2nde journée à Sen Monorom. Toujours en compagnie de nos amis helvètes (Eléonore et Nico) nous participeront à l’Elephant Valley Project le temps d’une journée, un projet de sauvegarde des éléphants qui a vu le jour il y a 7 ans grâce à Jack un jeune anglais assez désagréable de prime abord : « Désolé je ne vois pas vos noms sur la liste, vous ne pouvez pas venir ! »,  «  Mais si on a réservé hier avec cette dame ! », « Elle ? Mais c’est la cuisinière tu peux pas réserver avec la cuisinière c’est n’importe quoi ça ». Bref, une fois les présentations faites avec Jack, nous vivrons aux cotés de pachydermes sauvages en plein milieu de la jungle du Mondolkiri. En contrepartie, puisqu’il s’agit d’une ONG, nous serons de corvée l’après midi à porter des seaux de cailloux et de sable. A priori, pas un problème pour Tom,  déjà formé à cette corvée pendant son enfance par la SARL Lemée et Fils !!

Départ pour le Vietnam depuis Phnom Penh en bus pour rejoindre Ho chi Minh Ville. A Moc Bai frontière Vietnamienne, on nous prendra nos passeports pour nous installer dans une salle en compagnie de 200 autres voyageurs debout et sans clim. 30 minutes, puis 1h. Enfin, les officiels vietnamiens feront leur apparition, le festival peut commencer, ils vont appeler tous les voyageurs un par un avec l’accent asiatique, personne ne comprend rien, on pense même que c’est une plaisanterie, mais non, dès lors chacun essaye de reconnaître sa photo de loin sur le passeport, comptez 1h de plus, « Ely Yuan », comprenez Emilie Trang, c’est bon c’est à nous, bienvenu au Vietnam !