La Chine rurale, du Yunnan au Guangxi
9 mai 2013, il est 7h du matin nous arrivons à Kunming dans le Yunnan. La nuit a été des plus courtes, les 2 vols de nuit combinés au décalage horaire y sont pour beaucoup. Sur place première surprise, notre aéroport d’arrivée est trop récent et donc différent de celui que mentionne notre Lonely Planet (édition 2007), il va donc falloir se débrouiller pour rejoindre le centre ville. Direction le point d’information et là, seconde surprise (en l’espace de 2 minutes, ça commence déjà à faire beaucoup), personne ne parle un foutu mot d’anglais. On nous redirige vers un autre point d’information où, avant même de poser la moindre question, on nous répond « Bus number one » ! « Ah très bien, et combien cela coûte ? » réponse lapidaire : « Bus n°1 ! » « Et pour ce qui est du métro ?», réponse identique : « Bus n° 1 », évidement nous aurions dû nous en douter ! Du coup nous prenons le Bus n° 1 direction le centre ville, enfin … on espère ! Dans le bus nous commençons à nous dire que finalement la Chine ça ne va pas être si facile, et que le con qui nous a dit avant de partir que « si si, en chine t’inquiète pas maintenant ils parlent tous anglais », avait probablement dû prendre Hong Kong pour la Chine!
Sur place, les idées reçues avec lesquelles nous arrivions vont toutes tomber les unes après les autres ! A commencer par le trafic particulièrement fluide, qui plus est tous les 2 roues sont électriques, du coup après le bordel ambiant de Katmandou, nous avons une sensation de tranquillité en nous baladant en ville.
Fin des réjouissances et direction l’hôpital de Kunming pour une consultation dermato, Emilie pense avoir attrapée la Gale au Népal. Nous ne savons pas comment nous y arriverons mais après moultes gesticulations et dessins, nous finirons par rencontrer 2 dermatos. L’un pense qu’il s’agit de la gale l’autre d’urticaire, nous repartirons donc avec un traitement pour les deux soit une liste de 10 médicaments ! Finalement ce ne sera pas la gale…
Le soir même nous partons à la recherche d’un endroit où manger dans le coin. Après 5 ou 6 restaurants le constat est à chaque fois le même : personnel très souriant mais ne parlant pas un mot d’anglais, menu uniquement écrit en chinois et aucune photo ni sur le mur, ni sur la carte pour nous aider à choisir ! Finalement deux solutions : la première consiste à commander la même chose que le client précédent, en montrant son assiette, et en croisant les doigts pour que celui-ci ne mange ni tripes ni pattes de poulet, la seconde consiste à pointer du doigt les aliments souhaités dans le frigo du restaurant ! Nous n’avons presque jamais été déçus ! En ville, on se rend rapidement compte que la politique de l’enfant unique n’est pas une légende, elle a même pour conséquence d’en faire des enfants rois ! D’ailleurs, ce n’est pas anodin si toutes les petites filles sont habillées en princesse ! Aussi, les bébés locaux ont la particularité de ne pas porter de couches, le pantalon fendu semble bien plus pratique !
Le lendemain nous quitterons la ville de Kunming où il n’y a pas grand-chose à faire, direction Lijiang à 8h de bus au nord du Yunnan. En chemin le chauffeur nous arrêtera dans une petite gargote le long de la route. Là encore nous utiliserons notre stratégie qui consiste à montrer du doigt l’assiette du client précédent! Le ragoût du jour n’est pas une grande réussite, à priori ce n’est ni du bœuf ni du cochon. Nous finirons malgré tout notre assiette, puis en jetant un rapide coup d’œil aux posters qui nous entourent, nous verrons plusieurs photos d’ânes. C’est donc tout naturellement que nous demanderons à la cuisinière si c’est ce que nous venons de manger, avant qu’elle nous réponde avec un grand sourire que oui! Bref Findus a peut être un avenir dans un marché des plus porteur : La Chine ! Arrivés à Lijiang, le bus nous déposera à l’entrée de la ville, après quoi le chauffeur répondra « no idea » à toutes nos questions, même quand on lui demandera d’ouvrir le coffre pour prendre nos sacs ! Dans la ville, personne ne sait où se trouve la vieille ville, certains nous indiquent la droite, d’autre la gauche, et d’autre regardent leurs chaussures pour éviter d’avoir à nous répondre ! Il nous faudra 2h sous la pluie pour rejoindre la vieille ville à 1km. Une fois sur place nous nous rendons à l’office du tourisme pour en savoir un peu plus, les deux filles qui nous accueillent font preuve d’une indifférence accablante, la première mange sa glace en nous regardant bêtement quand la seconde joue sur son téléphone, bref c’est n’importe quoi et on est tout mouillé ! La ville de Lijiang a quant à elle, des allures de Disneyland avec ses hordes de touristes chinois qui arpentent sa vieille ville. Malgré tout, le décor est somptueux, les maisons traditionnelles chinoises avec leurs jardins soignés bordent des canaux, le tout dans un labyrinthe de ruelles pavées dans lesquelles on se perd volontiers.
Après Lijiang, direction Shangri-là à quelques 6h de bus, le chemin sera fantastique entre montagnes, plaines arides et lacs desséchés aux milieux desquels les yaks côtoient des chevaux ; bref un dépaysement total pour ce qui ressemble à un avant goût de la Mongolie. Si la nouvelle ville est à l’image de la Chine avec des buildings en construction de part et d’autres, la vielle ville a pour une fois été relativement préservée de la folie des grandeurs chinoises. Les maisons traditionnelles ici ressemblent à des chalets suisses, la ville est zen, on s’y sent bien. D’ailleurs, en nous baladant autour des monastères de la ville nous tomberons nez à nez avec l’équivalent du Tai-chi local : une ronde à laquelle se joignent quotidiennement les habitants du village, toutes générations confondues, avec pour idée de s’amuser, de se réchauffer et de faire de l’exercice, le tout dans une ambiance de kermesse. Shangri-là sera aussi pour nous l’occasion de visiter le plus grand monastère tibétain du Yunnan. Nous passerons ainsi 3h à flâner dans ses différents temples, témoins du quotidien de près de 600 moines.
Après Shangri-là, on file plus au nord à la frontière du Tibet, à Dequin. 6h de trajet en bus en pleine montagne, là encore à couper le souffle avec 2 cols à plus de 5000 mètres. Arrivés à destination nous prendrons, avec Olivier, un français rencontré quelques jours auparavant, un taxi pour rejoindre une auberge à 10km de là. Une fois sur place, notre taxi nous laissera près d’une maison au milieu de nulle part. A peine le temps de sortir nos sacs du coffre que le taxi démarrera en trombe… ça sent le traquenard ! Effectivement la maison en question est tout sauf une guesthouse. Résultat on se retrouve à faire du stop au milieu de nulle part. Par chance, le bus pris le matin même passa par là ! A Fêlai-Si, le village suivant, nous ferons la connaissance de Johnny, un anglais en vacances en Chine pour un mois. Le personnage sera un allier de choix car il connait très bien la chine pour y avoir habité et mieux il parle chinois ! Tous ensemble nous sommes censés partir pour 3 jours de trek autour des glaciers de la région, sauf que le temps ici est catastrophique et les prévisions ne vont pas en s’arrangeant. A Fêlai Si, il n’y a rien à faire, pas moyen donc de rester 4 jours à attendre que le soleil fasse son apparition, nous prenons donc la décision de revenir sur nos pas. Nous n’aurons malgré tout pas tout perdu puisque la veille de notre retour pour Shangri-là nous auront le droit dans la guesthouse à un cours particulier de chinois dispensé par des locaux. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le chinois c’est vraiment pas facile, il existe en effet quatre tons différents en mandarin (8 en cantonnais !) Résultat le mot « Sheu » en fonction de la prononciation utilisée aura 4 significations différentes. Evidemment il est quasiment impossible de distinguer les 4 intonations, sinon cela ne serait pas marrant.
Retour donc à Shangri-là accompagnés de Johnny et Olivier pour 40 km de vélo dans la vallée, le tout à 3500m d’altitude, pas si facile ! Au réveil, malgré les courbatures, nous filons dans les gorges « du saut du tigre » où nous attend un trek de 2 jours. Cette fois le temps est dégagé et les paysages splendides. Nous marcherons pendant des heures entre des pics à 6000m et des gorges à 1000m d’altitude. Notre trek se terminera le lendemain au pied des gorges où le bruit du torrent s’entend à des heures à la ronde.
Après le trek, les jambes lourdes, nous reprenons la route en direction de Shaxi, un petit village très mal desservi. Du coup, une fois sur place nous serons quasiment les seuls touristes. Nous resterons ici 5 jours, seuls au milieu des locaux à flâner à pied ou à vélo dans les alentours faits de champs multicolores. Nous passerons tous nos petits déjeuners chez Early Summer, un endroit zen et hors du temps où l’on se sent comme à la maison. Dernier jour à Shaxi, c’est l’effervescence, jour de marché oblige. Tous les paysans du coin viennent vendre leurs excédents dans la joie et la bonne humeur : légumes, fruits, cochon, street food… Emilie est au taquet, « je veux ça, ça et ça aussi ! Viens on essaie ça ! Et ça tu connais ? On goûte ? » Bref, on a mangé toute la matinée.
Samedi 25 mai, c’est parti pour la journée marathon, objectif : rejoindre Guilin (dans la province du Guangxi) depuis Shaxi. 1h30 de minibus, puis 3h de bus local, à l’intérieur les gens fument comme des pompiers, de bon matin c’est l’horreur (en aparté, les chinois sont de gros fumeurs !) puis 5h d’autocar, pour finir à l’arrière d’une Mazda (l’histoire est beaucoup trop longue à expliquer !) direction la gare centrale à fond les ballons, il nous reste 30 minutes pour attraper le train de nuit et atteindre notre objectif !! Problème arrivés au guichet, il n’ya plus de billets !! Raté pour cette fois ! Nous prendrons le train le lendemain à la première heure.
C’est parti pour 23h de train en couchette dure (c’est moins cher, bon y’avait encore moins cher il y avait l’option assise voire debout mais faut pas pousser !). A l’intérieur du train, l’ambiance est conviviale et le confort plus que correct. La promiscuité des lieux aident aux échanges et aux rencontres. Les chinois sont troublés en voyant Emilie porter son gros sac à dos, on échange quelques mots, on apprend à compter à chacun dans nos langues respectives. En chemin, le paysage sera fantastique. Après quelques jours d’adaptation un peu rude à la culture du pays, nous sommes désormais de plus en plus à l’aise et charmés par les paysages, les gens et la nourriture (bien évidemment !). Le seul bémol, et de taille, se rendre aux toilettes en Chine est un vrai supplice : des toilettes turcs en file indienne, histoire d’avoir les détails du repas du mec de devant !
Si initialement nous avions prévu de visiter le Yunnan et le Sichuan, nous avons malheureusement dû revoir quelque peu nos plans en raison du tremblement de terre qui a frappé le Sichuan. Cap donc sur le Guangxi, ses rizières et ses pics karstiques. Ici comme pour le reste des visites en Chine, on a vite l’impression d’être à Disneyland. Il y a en effet peu d’endroits à visiter en Chine rapportés au nombre de touristes chinois potentiels (1,4 milliard !) du coup les lieux sont très vite bondés. Un malheur n’arrivant jamais seul, le touriste chinois commence à avoir un vrai pouvoir d’achat et souhaite se faire plaisir lors de ses 2 semaines de vacances annuelles, résultat, cela fait grimper les prix partout où l’on passe.
D’autre part, nous venions en Chine avec quelques idées reçues sur la population, et pour cause les chinois rencontrés depuis le début de notre voyage était principalement des groupes de touristes chinois ; de ceux qui arrivent par bus remuant un drapeau et hurlant dans un haut parleur ou ceux-là même qui te poussent et te doublent dans les files d’attente. Force est de constater que le contexte est différent, la population chinoise est bien plus sympathique que nous l’avions imaginé. Alors oui, ils sont parfois un peu rudes, ils ont le crachat facile et font parfois preuve d’individualisme dans certaines scènes du quotidien (probablement une conséquence de la politique de l’enfant unique) mais une fois passé ces manières, on découvre rapidement qu’ils sont très souriants, accueillants et bienveillants à notre égard.
Concernant la ville de Guilin, ses alentours nous réserverons quelques surprises, notamment la descente de la rivière Li offrant un panorama somptueux sur des paysages karstiques. Le lendemain, Emilie profitera de la météo capricieuse pour s’offrir un cours de cuisine. Après une rapide visite du marché, passage en cuisine pour un apprentissage accéléré de la cuisine locale, au programme dumplings, aubergines sautées et poulet Gong Bao.
Après Guilin, direction Yangshuo et les rizières du dos du dragon, réputées dans tout le pays. 2h de grimpette seront nécessaire pour atteindre l’un des sommets pour une vue imprenable sur les rizières en terrasses. De l’autre côté du versant, un télésiège a été installé pour que les moins sportifs puissent être de la fête ; quand on vous dit que c’est Disneyland ! Au réveil, 3h30 de rando entre Pinghan et Dazhai à s’engueuler (la bonne humeur n’étant pas de la partie ce jour !), mais au beau milieu d’un décor de rêves !
Gare ferroviaire de Guilin, on embarque pour 15h de train direction Hong Kong. La chine rurale c’est terminé, cela aura été une expérience inoubliable. Une chose est sûre nous reviendrons, le territoire est tellement vaste que l’on quitte le sud de le Chine un peu frustré de n’avoir pu en visiter qu’une infime partie ! Place maintenant à la ville, Hong Kong, Shangaï et Beijing.


















































Chine rurale- Trek dans les gorges du saut du Tigre: award de la photo la + dento-responsable depuis le début du voyage! yeah!!!
Chuuuuuute a l’arrière du peloton
Pratique bébé sans couche!!!!!
J’avoue la photo du bebe avec la fente dans son pantalon est bien risible!!! Les paysages sont super comme d’hab!
Merci pour ce récit! ça nous met dans l’ambiance pour les vacances! Les photos sont superbes, j’espère qu’on aura le même temps que vous (il y a eu des inondations cette semaine dans le Chengdu…).
Les couches existent en Chine, certains bébés en portent dans les grandes villes. Mais c’est vraiment une pratique « d’occidental » pas très répandue.
Profitez!
Comme d’hab RAS magnifique, « casse-tête chinoise » c’est vrai !!! Les sans couches ça fait très longtemps on connait !!! Pourquoi ne pas continuer avec votre future génération ???
Sympa de faire une pause au BLED (75,94,&77 !! )Ça nous fait très plaisir
Continuez de nous faire rêver et de lire en live presque en direct de vos TRIPS et tripes hihihi .
Bon voyage bonnes vacances prolongées profitez bien de chaque instant de chaque pays.
QUELLE CHANCE !!! « Quand je pense que certaine bosse dur le wkend »
Gros gros bisousk