Nord Chili

Nord Chili

Nous sommes enfin au Chili, la route qui sépare la frontière de San Pedro de Atacama est dans la lignée des paysages rencontrés dans le Sud Lipez de Bolivie, le spectacle continue. Les maisons sont ici complètements différentes, sur un étage, colorées et sur presque toutes flottent un drapeau du pays, probablement lié à l’approche de la fête de la patrie. Enfin arrivés à destination, il était temps cela faisait 18h que nous étions dans le bus. Premier tour dans la ville, le temps de comprendre que :

1) Le Chili risque de faire très mal à notre porte monnaie, impossible de trouver un logement à un prix raisonnable, résultat nous finirons dans une chambre à 37€ la nuit soit environ 30€ de plus qu’en Bolivie.

2) La ville de San Pedro d’Atacama est extrêmement touristique, et pour cause, la ville est entourée de lieux d’exception : la vallée de la lune et la vallée de la mort avec à chaque fois en toile de fond une chaîne de volcans qui marque la frontière avec la Bolivie. A l’occasion du coucher de soleil, l’ensemble du panorama change de couleur pour offrir au passage l’un des plus beaux couchers de soleil de notre périple.

Après 3 jours hors de prix à Atacama nous mettons les voiles plus au sud vers La Serena à 18h de bus. Une fois sur place la ville est déserte en raison de la fête nationale, tout le monde est à la Pampilla de Coquimbo à 10km. Ni une ni deux nous voilà à la pampilla, doux mélange entre festival de musique et kermesse, le tout en bord de mer. En bons épicuriens, nous profiterons de ce moment pour faire un tour de la gastronomie locale entre terremoto (boisson à base d’alcool local accompagné d’une boule de glace à l’ananas), completo (véritable hot dog revisité, à base de tomates et d’avocats) sans parler des anticuchos (brochettes) et empanadas (chausson fourré à la viande).

Fin des festivités et départ pour Vicuna à 2h de bus dans les terres afin d’approcher les étoiles de plus près. Le ciel de cette région est dit-on l’un des plus propices de la planète pour s’adonner à l’astronomie. C’est depuis l’observatoire de Mama lluca que nous ferons connaissance avec les astres, découvrant tour à tour grâce au télescope les planètes Venus, Saturne, puis des nébuleuses et des étoiles par milliers, bref une véritable orgie spatiale.

Après les étoiles retour sur la terre ferme, et plus précisément  celle des vignes de la vallée de Pisco Elqui à 1h30 de Vicuna. Cette charmante bourgade ensoleillée se trouve au beau milieu d’une vallée verdoyante, le village est célèbre dans tout le pays en raison de ces vignes dont les raisins sont utilisés pour la conception du Pisco. Le Pisco est il chilien ou péruvien ? Chacun des deux pays a son idée sur la question…Quoiqu’il en soit notre palais a tranché, nous préférons le Pisco péruvien néanmoins pour des raisons purement diplomatiques nous dirons le contraire à chaque fois qu’un chilien nous posera la question !

Depuis que nous sommes au Chili, le coût de la vie, pas du tout en adéquation avec notre budget, nous oblige  à cuisiner tous les soirs dans les petites cuisines communes de nos auberges. Si cela permet à Emilie de repasser derrières les fourneaux, c’est aussi l’occasion de discuter avec les autres voyageurs, qui sont pour la plupart des chiliens en vacances pour la fête nationale. C’est ainsi que nous ferons la connaissance d’Antonio, professeur en journalisme à l’université et à Vicuna pour vendre des pierres précieuses afin d’arrondir ces fins de mois. En effet, si le Chili semble à première vue être aussi développé que la plupart des grands pays d’Europe, il existe à l’intérieur du pays même des inégalités dignes de certains  pays de l’Asie du sud est. La santé et l’éducation coûte ici une fortune et à ce titre sont donc réservées à l’élite. Le salaire minimum est de plus largement insuffisant pour survivre, résultat les plus modestes enchaînent 2 à 3 boulots différents. Si en parlant d’inégalité en Amérique du Sud on pense très facilement au Brésil, le Chili n’est pas en reste, sauf qu’ici les plus modestes ne sont pas du tout mélangés à la population comme ailleurs. Sans compter que pour le moment il semble difficile d’imaginer une quelconque révolte des classes populaires, tant les stigmates du régime de Pinochet demeurent dans les mémoires.

Toutes les bonnes choses ayant une fin, nous devons quitter Vicuna et sa région pour ce qui sera notre dernière étape dans le nord du Chili avant Santiago. Seconde ville du pays, Valparaiso (Valpo pour les intimes !) est avant tout une ville portuaire, et qui dit port dit fruit de mer, poissons et vin blanc à prix doux, depuis le temps qu’on en rêvait ! En dehors des restaurants de fruit de mer, le bord de mer n’a pas vraiment de charme, entre les bâtiments décrépis par le temps et ceux détruits par le tremblement de terre de 2010 on ne s’y attarde pas plus que ça. Direction les collines qui surplombent la ville et là c’est une autre histoire, les « cerros » de Valpo sont envahis de bars, restaurants et café, maisons en taules hautes en couleurs, street art, ruelles pavées et rues en lacets avec des chemins dissimulés ici et là, bref on se croirait à mi-chemin entre Montmartre et une favéla (chic !) sud américaine. Cap sur le cerro Florida où se niche La Sebastiana, un des lieux d’inspiration du poète chilien Pablo Neruda, c’est ici aussi que nous ferons la rencontre de 2 français Quentin et Thierry (« little bit weird but funny ! » ils comprendront !). Ils ont 3 mois de vacances (fin de l’internat de médecine oblige !) et ont décidé de parcourir l’Amérique du sud. Du coup, nous les suivrons dans leurs déboires… des restos de poissons et de fruits de mer jusque dans les abysses d’une soirée étudiante, buckets à la main ! Une sacrée rencontre qui nous aura coûté deux yeux et un bras ! L’heure des «adieux » a sonné et en même temps celle des retrouvailles à Santiago avec Emilie (une autre !) une ancienne amie du collège ! Nous serons reçus comme des princes, un lit douillet, un tour de la ville en pick-up, une balade et bien évidemment une dégustation dans les vignes proches de la ville. Sans oublier la rencontre de Ricky, le petit ami d’Emilie, tout aussi avenant, qui nous a préparé un asado (barbecue) dans les règles de l’art !! En effet, ici l’asado c’est une affaire d’hommes, ils choisissent la viande, la marinade (à la bière) et s’occupent de la cuisson (au moins 3h) les femmes quant à elles préparent l’aji pebre (la sauce). Bref des instants privilégiés, on serait bien resté…

… Mais les mystères de  l’île de Pâques nous attendent !