Indonésie: Flores Island & Komodo
Aéroport de Denpasar, nos sacs sont prêts et équilibrés pour tous peser moins de 15kg. Mauvaise nouvelle en arrivant au comptoir, nous apprenons que notre vol réservé avec Lion Air (Google image permet de mieux appréhender la compagnie en un clic) sera, en fait, opéré par Wings Air, le low cost de Lion Air. Si la limite ramenée à 10kg par bagage nous obligera à mettre la main à la poche, nous sommes d’avantage focalisés sur les 1h30 de vol qui nous attendent à l’intérieur de ce coucou à hélices. Et pour ne rien arranger, le seul dépliant présent depuis notre siège est un livre de prières universelles, le ton est donné, on aurait presque envie de croire en Dieu ! Malgré tout, le vol se déroulera sans accroc, nous atterrirons donc à Labuan Bajo à l’ouest des îles Flores pour une semaine très attendue. Sur place nous serons comblés par la gentillesse des locaux et l’absence de touristes. Après un tour de la ville nous finirons dans un tout petit restaurant où ne ferons la connaissance du propriétaire Daniel (un local malgré son nom tout à fait Européen). Daniel qui connait tout le monde en ville nous mettra en relation avec un équipage pour partir 2 jours sur un bateau de pêcheur en direction des îles Komodo. Notre seule condition : qu’il y ait au moins une personne parlant un peu anglais à bord. Notre vœux est exaucé, le capitaine baragouine l’anglais ; le reste de l’équipage est composé d’un cuisinier d’une vingtaine d’année, du mécanicien du bateau et de son frère sourd et muet…
Réveil à l’aube le lendemain pour retrouver les 4 membres de l’équipage. Nous sommes en mer depuis près de 40 minutes lorsque nous comprenons que l’un des membres de l’équipage est resté à quai (volontairement), bien évidemment il s’agit du capitaine, celui-là même qui parlait anglais. Nous voilà donc en pleine mer avec deux locaux parlant uniquement indonésien et un sourd muet, autant dire que les discussions risquent d’être animées le soir !
Après 4h de navigation notre embarcation fait escale sur ce qui ressemble à l’île de Rinca. S’en suit alors un échange des plus laborieux pour comprendre que nous avons 2h pour faire le tour de l’île avec un guide. Aussitôt sur la terre ferme nous sommes accueillis par Eduardo un guide d’environ 50 ans grand comme Emilie, habillé d’un treillis et armé d’une fourche en bois censé éloigné les dragons de Komodo, bah voyons ! Avec lui nous choisirons de prendre le chemin le plus long pour 2h de randonnées entre Buffles et cochons sauvages sans oublier le maître des lieux le Dragon de Komodo. Nous en croiserons 4 dont 3 gros aux abords de la cuisine des rangers. Pouvant mesurer de 2 à 4 mètres le Dragon de Komodo est carnivore et attaque tout ce qui se trouve à sa portée (cerfs, hommes et buffles) il peut atteindre les 20km/h, grimper aux arbres grâce à ses griffes surpuissantes ou encore nager et descendre à 4 m de profondeur, enfin sa morsure provoque en quelques heures la mort par septicémie ; bref on est très content d’avoir appris cela avant de commencer la balade. Et c’est pas le pauvre bout de bois d’Eduardo ni sa carrure chétive qui nous rassurerons. Cela dit à chaque bruit venant des fourrées nous nous rapprocherons au maximum d’Eduardo et de son mètre cinquante, au cas où.
Retour au bateau pour prendre le large direction la plage rose de l’île de Komodo, appelée ainsi en raison de la couleur de son sable. On vous rassure tout de suite, nous le sable on l’a vu jaune… Si la plage ne nous réserve rien d’extraordinaire, c’est bien sous l’eau que la magie opère, c’est une véritable jungle de coraux et de poissons multicolores qui s’offrent à nous. Notre terrain de jeu qui est réputé pour être l’un des plus beaux spot de snorkeling de la planète nous enchantera littéralement au point d’en oublier la température de l’eau beaucoup plus fraîche qu’à l’accoutumé en raison des courants froids.
Le soir venu, notre capitaine arrêtera le bateau dans une baie à quelque encablures de la plage rose pour une nuit hors du commun depuis le toit du bateau face à la voie lactée, inoubliable.
Le matin suivant marquera notre découverte de l’île de Komodo et une chance supplémentaire d’observer les dragons de Komodo dans leur environnement naturel.
Sur le chemin du retour vers les îles Flores, nous profiterons une dernières fois de fonds marins d’exceptions en palmes et tubas avant de tomber nez à nez avec deux raies mantas pour 30 minutes d’un spectacle fabuleux.
De retour à Labuan Bajo, nous arrivons pile à l’heure pour profiter du coucher de soleil depuis les sommets de la ville. Notre séjour dans la capitale de l’île Flores se terminera dans une pizzeria de la ville. Après une erreur de commande nous repartirons avec une pizza en trop sur les bras, mais essayez donc de refourguer une pizza au jambon dans une ville où 95% de la population est musulmane, pas évident.
De là nous partirons le lendemain pour 10h de bus direction le centre de l’île et la région montagneuse de Bajawa. Si les villes portuaires des Flores sont composées en grande majorité de musulmans, le reste de l’île est chrétien, les habitants gardent d’ailleurs quelques stigmates du passage des portugais, à commencer par leurs prénoms tout droit sortis d’un match de foot brésilien, de Marcelino à Eduardo en passant par Osvaldo. Ajoutez-y un physique peu commun de « brésiliens-asiatiques » et vous auriez du mal à croire que nous sommes aux confins de l’Indonésie. A ceci près que Marcelino le loueur de scooter qui nous avait promis un plan de la région pour visiter les villages du coin nous sort de sa poche une vulgaire feuille de papier sur laquelle il a lui-même dessiné les routes, ponts, villages, volcans et montagnes ; la dessus aucun doute nous sommes bien en Asie. C’est donc tout naturellement que nous partons ce matin à la recherche des fameux villages avec pour seul boussole un dessin aux allures de carte au trésor qui semble sorti de l’imaginaire d’un enfant de 6 ans. Malgré tout et avec l’aide de quelques locaux, nous finirons par trouver un à un tous les villages de la carte. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeu en valait la chandelle, les villages qui regroupent entre 4 et 10 familles semblent vouloir résister au temps qui passe. Depuis leur habitat sur pilotis et au toit de paille, les femmes passent le plus clair de leur temps à tisser des vêtements locaux pendant que les hommes cultivent les champs voisins. Nous passerons donc une demi journée avec ces femmes et leurs enfants tantôt à échanger avec les moyens du bord et tantôt à les regarder vivre comme si de rien n’était.
Nous laissons Bajawa et nos fabuleuses rencontres derrière nous et prenons la route pour 5h de minibus direction Moni, point de départ de l’ascension vers les lacs de Kelimutu. L’objectif est clair, atteindre le sommet pour le lever de soleil et ainsi profiter du reflet des premiers rayons du soleil sur les trois lacs du volcan dont les couleurs respectives bleu, turquoise et chocolat offrent un spectacle époustouflant. Réveil donc à 3h du matin pour 25 minutes de moto sur une route détrempée avant d’attaquer les 35 minutes d’ascension qui mènent aux lacs. C’est dans un épais brouillard que nous atteindront le sommet, impossible de voir à 20 mètres, c’est la désillusion absolue. Malgré 3h de patience dans le froid c’en est trop, nous décidons de rendre les armes, nous ne verrons donc pas la couleur d’aucun des 3 lacs.
En chemin vers Ende le lendemain notre bus local sera paralysé à plusieurs reprises entre accidents et éboulements de terrain, nous finirons malgré tout par rejoindre la capitale de la partie Est des Flores. Ende constitue la dernière étape de notre périple à Flores mais surtout en Indonésie. Si la ville n’a rien de particulier à offrir, elle nous réservera cependant quelques surprises de taille. A commencer par une partie de badminton sur le parking de la banque contre l’équipe des vigiles pour une cinglante défaite de la paire Mehmet / Thomas. Après quoi nous terminerons face à la mer par un karaoké en plein air lieu de rencontre de tous les plus mauvais chanteurs de la région. Si les locaux ont beaucoup insisté pour nous entendre chanter, Mehmet à cette fois-ci préféré décliner l’invitation, évitant ainsi de terminer le voyage sur une fausse note.
Depuis le hublot de notre coucou à hélice nous quittons des yeux l’Indonésie la tête remplie d’images et de rencontres hautes en couleurs, mais confortés par une certitude, celle d’y revenir un jour.
En transit pour l’inde nous retrouveront Maxime à Kuala Lumpur le temps d’un week end où tout est permis entre restaurants gastronomiques, shopping et nuits en palace. Thomas va avoir 30 ans et Maxime a vu les choses en grand, d’ailleurs nous aurions bien tort de nous en priver car demain c’est l’Inde qui nous attend.











































Ca me rapelle deux phrases mythiques « il est ou le captain qui parle anglais? » et « tu crois qu’il vont laisser le générateur tourner toute la nuit » pour le rest que du bonheur