De Java à Bali, en passant par Gili

De Java à Bali, en passant par Gili

 

Arrivés tant bien que mal à Yogyakarta sur l’île de Java, dès la sortie de l’avion le doute n’est plus permis nous sommes bel et bien de retour en Asie, les odeurs d’encens et la moiteur du climat ne trompent pas, quel plaisir d’être de retour 8 mois plus tard…

A Yogya nous rejoignons Maxime le temps d’un week-end et d’un crochet pour lui depuis Singapour. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’Asie ne l’a pas beaucoup changé, lui dont le travail consiste à gérer les problèmes logistiques au quotidien en aura créé une dizaine en 48h ! En effet quelle ne fut pas notre surprise en arrivant à Bali en voyant que Maxime qui était en charge de l’achat de nos billets pour Yogya, ne nous avait en réalité acheté qu’un aller pour 2, sans parler du retour décalé d’une semaine et réservé sans bagages : « ha ouais c’est vrai, j’avais complètement oublié que vous voyagiez avec des bagages » ! « T’as ramené la tondeuse au moins ? » « Ha ouais, mais justement à ce sujet, je viens de me rendre compte que j’ai oublié de prendre les sabots », « et le Lonely Planet de l’Indonésie ? » « Ha ouais, je l’ai… mais tu ne vas pas me croire, je l’ai laissé à Singapour », bref Maxime que nous n’avions pas vu depuis 15 mois nous aura livré en l’espace de seulement 2 jours un véritable récital ! 

Après une journée de ré-acclimatation en Asie dans le dédale des rues agréables de Yogyakarta, nous partons tous les 3 en bus local pour le temple de Borobudur. Quand nous demandons dans le bus le temps que celui-ci mettra pour rejoindre Borobudur on nous répond 5 à 6h, nous mettrons en tout et pour tout 1h35, welcome back en Asie, le continent où les locaux n’ont vraiment pas la moindre idée de l’espace temps !  

Le lendemain, réveil à 3h du matin pour découvrir le temple de Borobudur au lever du soleil, partagés avec quelques dizaines de courageux, mais le jeu en vaut tellement la chandelle… Une fois le soleil levé nous nous perdrons dans les labyrinthes du temple au beau milieu des bas-reliefs, avant de conclure notre excursion par un petit-déjeuner en contrebas en tête à tête avec le plus beau des temples indonésiens. 

L’île de Java c’est terminé pour l’instant, nous laissons Maxime rentrer à Singapour et prenons la direction de Bali afin d’y retrouver Magda, Romain, et Xavier venu nous rejoindre 2 semaines en Indonésie ainsi que Mehmet qui nous accompagnera jusqu’à notre départ pour l’Inde. 

Depuis Jimbaran où nous logerons, nous nous déplacerons en scooter afin de visiter les environs. Après un démarrage peu académique de Mehmet et Xavier, aussi à l’aise sur un scooter qu’une raquette de tennis à la main, nous partons à la découverte du sud de l’île entre marché aux poissons et temples hindouistes, puis le temps d’un repas local depuis la falaise d’Uluwatu nous resterons une bonne heure à regarder les surfeurs se relayer dans les tubes de Bali. N’ayant pas encore eu le temps ni l’énergie de célébrer dignement l’arriver de nos 4 compatriotes, nous décidons que la Saint Patrick qui tombe ce soir serait l’occasion parfaite pour se rattraper. Et c’est ainsi qu’après un repas de fruit de mer à la bougie et les pieds dans l’eau nous partirons faire la tournée des bars encore ouverts de Jimbaran, pour terminer dans un bar irlandais par un concert mythique… de Mehmet et Algo ! 

Le réveil sera quelque peu difficile mais pas le choix, nous devons avancer sur notre itinéraire, 4h de bus local et 2h de ferry plus tard nous revoilà sur l’île de Java, pour un rendez-vous très attendu avec le Volcan Ijen. Oui mais voilà en sortant du bateau il est 19h il fait déjà nuit noire et l’organisation de l’ascension pour cette nuit semble quelque peu compromise. C’était sans compter sur notre « rencontre » avec Pépé à la sortie du débarcadère, le temps d’une petite négociation et nous voilà déjà tous à l’arrière d’un bémo (minibus local) en direction d’une famille d’accueil chez qui nous aurons 3h de sommeil. Deux en réalité puisque Romain qui n’a pas changé d’heure entre Bali et Java nous gratifiera d’un réveil à 23h45 ! 

1h30 du matin, il fait froid et nuit noire quand nous attaquons les 2 petites heures (pas si simple, compte tenu de cette heure plus que matinale !) d’ascension jusqu’au cratère. Une fois au sommet nous resterons quelques minutes éblouis par le spectacle qui se joue quelques centaines de mètres en contrebas. Depuis le flanc sud-est du volcan coule une lave d’un bleu électrique en raison de l’inflammation du solfatare (dont est extrait le minerai de souffre). En descendant à l’intérieur du cratère équipé d’un masque à gaz, nous ferons la rencontre de plusieurs dizaines de villageois qui exploitent le minerai depuis maintenant plusieurs décennies. Extrait à coups de barre à mine, les blocs de souffre sont ensuite remontés par ces même forçats au péril de leur vie en tongs et sans aucune protection contre les vapeurs de souffre pour seulement 4 cents le kilo ! Inutile de préciser que l’espérance de vie de ces mineurs excède rarement 40 ans, une fatalité qui n’impacte en rien leur bonne humeur et leur esprit de famille, comme nous avions déjà pu le constater dans les mines de Potosi en Bolivie. 

Retour sur Bali à Permuteran où nous resterons 2 nuits dans de magnifiques bungalows en bordure de mer. En effet, ici comme sur le reste de l’île, c’est la fin de la saison des pluies, du coup les touristes sont peu nombreux et les hôtels de charme proposent alors des tarifs on ne peut plus compétitifs ! C’est en bateau que nous rejoindrons l’île de Menjangan pour 3h de snorkeling à couper le souffle le long d’un tombant de 30m. 

Après le bleu de la mer place au vert de la forêt de Munduk et des rizières de Jatiluwih pour quelques balades au petit matin au milieu des rizières à profusion de la région. Ici comme ailleurs, le contact avec la population est facilité par la gentillesse des indonésiens, toujours sourire aux lèvres. 

En chemin vers Ubud nous ferons un stop de 2h sur un marché local pour faire le plein de fruit et souvenirs. Algo, dont le génie n’avait pas encore frappé jusque là, distribuera ce matin tous ses billets de 100.000 roupies en lieu et place de ses billets de 10.000 roupies avant que Magda finisse par s’en rendre compte, 800.000 roupies auront déjà étés généreusement distribués. Finalement, « honnêtes », les locaux reconnaîtrons l’erreur et rendront son dû à Algo l’étourdit. 

Aujourd’hui c’est jour de fête à Bali comme tous les ans à la même époque les locaux bénissent leur voitures lors de cérémonies auprès du dieu des voitures pour qu’il ne leur arrive rien sur la route. Pourtant il suffirait juste de rouler moins vite et d’arrêter de doubler à tout bout de champ sans visibilité, mais bon allez leur dire… 

A Ubud nous retrouvons Ben qui est venu de Lyon pour 5 jours! Ici plus qu’ailleurs nous prendrons notre temps entre spectacle de danse traditionnelle, et massage indonésien qui se terminera dans un bain de pétales de rose… 

Après 4 jours à arpenter les terres de Bali, nous retrouvons la mer dans la paisible bourgade d’Amed pour  2 sorties plongée bouteilles. La première des deux plongées aura lieu à l’intérieur de l’épave de l’US Liberty, 45 minutes hors du commun à se perdre dans les entrailles de l’ancien cargo, torpillé par les Japonais en 1942. Ben et Xavier pour qui il s’agissait de la première expérience en bouteille, remontrons avec le sourire jusqu’aux oreilles, eux aussi contaminés par le virus de la plongée.   

A 3heures de bateau d’Amed se trouve l’île Gili Trawangan, où nous irons nous échouer le long des plages de sable blanc pour 24h de farniente. Au programme repas les pieds dans l’eau, snorkeling au milieu des tortues, coucher de soleil d’anthologie en mode cocktail puis soirée arrosée dans les rues de la ville pour les plus courageux.   

La fin approche désormais à grand pas pour 4 de nos compagnons. De retour à Kuta la touristique et l’excessive, nous ferons la fête une dernière fois. Puis au réveil direction l’aéroport pour un retour direction Paris pour Magda Romain, Xavier et Ben.  De notre coté, nous partons avec Mehmet en avion pour les îles Flores.