De Sydney à Darwin

De Sydney à Darwin

Après avoir pris du bon temps sur Sydney et s’être quelque peu réconcilié avec l’Australie, nous reprenons la route au volant de notre van. Fini l’hôtel, ce soir il faudra se décider entre dormir dans une station essence, se cacher dans un quartier résidentiel ou alors payer 20$ pour un camping ! Malheureusement vu la vitesse à laquelle notre budget fond en Australie, nous devrons certainement oublier le confort du camping pour ce soir.

Au sud de Sydney, nous nous dirigeons donc vers les Blue Mountains, surnom donné à la région en raison des reflets bleus qui émanent des eucalyptus à l’heure où le soleil se couche. De ces forêts émergent d’immenses formations rocheuses telles que les 3 Sisters et Wenworth Falls entre autres. Le temps d’une marche, nous emprunterons le National Pass, sentier creusé en 1908 à même la roche et en équilibre au-dessus de ce décor de rêve. A l’époque le sentier le plus impressionnant du coin avait été construit dans l’optique de promouvoir le tourisme dans la région, déjà !

Nous poursuivons notre route vers Melbourne quand notre « bible », le Lonely Planet nous informe que sur notre chemin se trouvent les vignes de Rutherglen. Ni une ni deux (on ne se refait pas) nous ferons un petit détour pour aller nous atteler à l’un de nos sports favoris : la dégustation de vins. Et là encore nous ne serons pas déçu, Rutherglen est une petite région viticole en dehors des sentiers battus et donc pas franchement connues des touristes, résultat, les gens y sont particulièrement avenants et très contents de vous faire découvrir les trésors de leur régions. C’est ainsi que nous obtiendrons l’adresse du « meilleur » boucher de la ville, histoire d’accompagner le bon vin du coin le temps d’un diner 100% Ozie (surnom des australiens). D’ailleurs si il est une chose que nous ne saurions reprocher à l’Australie c’est bien la prolifération des barbecues (propres et gratuits) dans tous les lieux publics, des parcs aux stations essences en passant par les bords de mer, bref ici le barbecue c’est l’affaire de tous.

Pas le temps de s’attarder dans cette petite bourgade, il faut reprendre la route direction la Great Ocean Road, la plus belle route du pays. Et là encore, difficile d’être déçus, cette route qui serpente sur environs 200km de Torquay à Peterborough offre une vue saisissante sur l’océan Pacifique avec des côtes escarpées et une impression de bout du monde. Les arrêts photos seront nombreux tout au long du parcours, tant les panoramas sont époustouflants entre la magie des « 12 Apôtres », l’impressionnant « London bridge », les fameux « Loch and Gorge », sans oublier les « Gibson Steps ». Nous passerons quelques heures en tout à contempler le spectacle de ces immenses rochers couleur sable,  sortis de l’océan et taillés par les vagues! L’étape suivante de la Great Ocean Road nous emmène ensuite au Cape Otway et à son phare qui en soit n’a rien de spectaculaire. En fait la magie opère davantage sur la route qui nous mènera au phare au milieu des familles de koalas perchés dans les eucalyptus, s’adonnant à leur activité favorite : dormir. Nous passerons en tout et pour tout 3 jours sur cette fameuse route, comblés de ce que peut offrir la faune et la flore australienne !

Dernière destination avant de rendre définitivement le van, nous voici enfin à Melbourne. Et comme à Brisbane et Sydney, la conduite en ville n’a rien d’agréable. Il nous faut éviter les trams, les bus et taxi sans parler du système « hop off » propre à Melbourne qui consiste à se mettre sur la voie la plus à gauche pour tourner à droite! Une fois garés et après plusieurs échanges avec l’office du tourisme, qui soit dit en passant est ici très efficace, nous finirons par trouver une auberge de jeunesse dans le quartier de St Kilda laquelle accepte notre van gratuitement. Une fois le van et les bagages enfin posés dans notre dortoir, nous pourrons enfin retrouvés Peter  (la raison de notre venue à Melbourne) le cousin d’Emilie ainsi que sa tante et son oncle.  Pendant 5 jours Peter nous guidera dans tous les recoins de Melbourne afin de nous faire découvrir sa ville accompagné de son couple d’ami Victor et Julie lesquels nous accueillerons à bras ouverts. Entre l’art de rue, les restaurants modernes,  les bars à thème et ses marchés colorés, nous découvrirons que la capitale de l’Etat du Victoria a du charme à revendre, ville dynamique et moderne jamais endormie et sans cesse en changement…pas prétentieuse pour un sou, Melbourne n’a rien à envier à Paris ni aux autres capitales européennes ! Peter pour sa part ayant vite saisi notre gout invétéré pour le vin, nous amènera dans la Yarra Valley, région viticole à 1h30 de la ville, pratique ! Nous y ferons des dégustations surprenantes notamment chez Yering au milieu d’un domaine somptueux. Melbourne c’est déjà fini, le temps d’un dernier repas avec la famille et de quelques verres avec Peter, il est temps de filer vers le centre du pays, non pas en van, rendu la veille, car désormais c’est en avion que nous voyagerons.

Direction Alice Springs, porte d’entrée du fameux Uluru. Nous prendrons nos quartiers dans une petite auberge, à l’écart du centre-ville qui n’a que peu d’intérêt, si ce n’est celui de voir déambuler des aborigènes, déracinés et laissés pour compte, errer dans la ville à moitié ivre. C’est aussi ça l’Australie, une hypocrisie totale concernant la culture aborigène ! Personne ne s’occupe réellement de cette frange de la population sauf quand il s’agit de profiter de leur talent de peintre ou sculpteur. Ainsi moyennant quelques bières ou bouteilles d’alcool, leurs œuvres se retrouvent dans les vitrines des magasins d’art aborigène hors de prix et tenus par des australiens blancs.

Quelque peu scandalisés par l’ambiance délétère qui règne dans la ville, nous décidons de partir au plus vite pour un tour de 3 jours afin d’explorer les montagnes sacrées d’Uluru, de Kings Canyon et de Kata Tjuta. Comme à chaque fois que nous voulons visiter quelque chose qui sort de l’ordinaire en Australie, nous devons nous résoudre à voyager en groupe pour des raisons de budget. C’est ainsi que nous voilà partis en minibus accompagnés de quelques 16 autres voyageurs (la plupart ayant entre 18 et 20 ans). Après 1h de route et alors que le minibus continue son chemin vers Kings Canyon, nous avons l’immense privilège de devoir nous présenter à l’aide d’un micro pour parler de nous quelques minutes en anglais afin de créer du lien avec les autres voyageurs pour les 3 jours à venir (dixit le chauffeur-organisateur). La présentation d’Emilie pour sa part, se terminera par une question hautement symbolique et pertinente du même chauffeur : «Et sinon, c’est quoi ta chanson préférée au Karaoké ?» Le ton est donné, on ne devrait pas s’ennuyer… Après 4h d’un interminable voyage en bus, nous voici enfin au pied de notre première étape, Kings Canyon. 3h de marche nous conduirons entre les montagnes teintées de rouge jusqu’à atteindre « l’amphithéâtre » dont les parois  semblent avoir été découpées par l’homme tant elles paraissent lisses. Puis, toujours habillés de notre kipa-antimouche, nous partirons à la rencontre du Kata- Tjuta le temps d’une longue balade sous la chaleur du désert australien. Là encore le rouge de la roche sur fond de ciel bleu rend l’instant inoubliable. Le soir venu, tout le petit groupe mettra la main à la pate entre préparation du repas et mise en place du camp pour la nuit. Ce soir encore nous dormirons sous un million d’étoiles à même le sol dans nos sacs de couchage autour de notre feu de camp. Le feu est, d’après le chauffeur, censé éloigné les dingos (chiens sauvages) et serpents. « Oui mais alors que se passera t-il quand le feu s’éteindra en pleine nuit » s’interroge à juste titre une anglaise peu rassurée. Réponse de l’intéressé, « ya pas de problèmes habituellement, je dors dans le bus à 100 mètres vous n’avez qu’à crier si il y a un souci » ! Nous n’aurons finalement pas de problèmes majeurs au cours des 2 nuits si ce n’est la découverte d’un joli scorpion par Thomas à 10cm de son couchage. Oui mais voilà aujourd’hui nous ne sommes plus des apprentis backpackers, il en faut donc plus pour troubler notre sommeil… enfin presque, puisque malgré quelques bières consommées avant de nous coucher aucun de nous deux n’osera cependant se lever cette nuit la pour aller pisser. Notre escapade dans le centre se terminera par un lever de soleil et une découverte approfondie d’Uluru, monolithe posée au milieu du désert et qui a la particularité de changer de couleur en apparence en fonction de la lumière qui l’éclaire tout au long de la journée. Pour les aborigènes Uluru est un site sacré et revêt un caractère religieux très fort, raison pour laquelle il est normalement interdit de l’escalader. Là encore le peu d’estime du gouvernement australien vis-à-vis des populations aborigènes fait que l’on continu d’autoriser son ascension, de peur de voir la fréquentation du site fondre comme neige dans le désert.

Notre dernière étape sur la plus grande île du monde nous emmènera tout au nord du pays à Darwin où à cette saison le cocktail humidité et chaleur est ravageur. En fait notre passage à Darwin sera surtout marqué par une coupure de courant générale de plus de 18h dans toute la région ; résultat un réveil en suffoquant à 2h du matin puis une matinée passée dans le seul endroit de la ville ouvert, le supermarché Cole, lequel dispose de son propre générateur et donc de la climatisation. Entre un faible temps imparti sur place, une température supérieure à 40° et un budget de plus en plus aux abois, notre séjour à Darwin se résumera donc à une rapide balade en ville (au supermarché) ainsi qu’à une journée lecture autour de la piscine de notre auberge. Après quoi départ pour l’aéroport pour un retour très attendu en Asie et plus particulièrement en Indonésie.