Australie Côte-Est : De Cairns à Sydney

Australie Côte-Est : De Cairns à Sydney

Aéroport de Brisbane, nous mettons les pieds en Australie sans réellement savoir ce que nous faisons là. Initialement le pays n’était pas voué à faire partie intégrante de notre itinéraire. Oui mais voilà, les échos positifs entendus ces derniers mois sur le pays ainsi que sa situation géographique entre la Nouvelle Calédonie et l’Indonésie (prochaine destination), finissent par nous convaincre de rallier le pays des kangourous pour un mois et demi. L’idée étant de longer la côte Est entre Cairns et Sydney au cours des 3 premières semaines avant de s’enfoncer dans le centre du pays les 20 derniers jours.

Après la Nouvelle Zélande et la Nouvelle Calédonie nous attaquons donc notre 3ème et dernier pays « hors de prix ». Trouver un logement sympa et bon marché s’avère être une mission impossible, résultat nous revoilà en dortoir de 10 personnes dans une auberge de jeunesse pour australiens et allemands en mode bière light et tequila ! Très peu pour nous, la fiesta on a déjà donné en NC…

Brisbane après une rude mise en concurrence, nous finirons par mettre la main sur un van pour 2 que nous récupérerons à Cairns dans quelques jours, juste le temps de  s’occuper du visa indien, pas le plus facile à obtenir, nous devrons d’ailleurs  nous y reprendre à 2 fois pour obtenir tous les papiers nécessaires. Cette fois- ci c’est bon notre passeport est entre les mains de l’ambassade indien, nous le récupérerons à Brisbane dans 10 à 12 jours ouvrés. Reste plus qu’à trouver un vol Brisbane – Cairns, chose faite dans l’après midi. Nous aurons en tout et pour tout une après-midi de libre pour visiter la très dynamique et agréable ville de Brisbane. Départ le lendemain pour l’aéroport, billet ok, sac à dos ok passeport… passeport ? Je ne trouve pas les passeports Thomas… Oh merde ils sont à l’ambassade pour 15 jours et nous voilà en route pour l’aéroport avec pour seule preuve de notre identité un permis de conduire, et une carte étudiante datant de 2007 ! Très nerveux sur le chemin de l’aéroport et pour cause, peut-on prendre l’avion sans papier d’identité en Australie… ? Je ne pense pas ? Et pourtant nous passerons un à un le comptoir d’enregistrement puis la fouille des bagages à main avant le comptoir d’embarquement sans jamais nous demander de justifier notre identité. Nous voilà dans l’avion en route pour Cairns, ouf …

Arrivés sur place nous avions prévu d’avoir 2 jours à tuer avant de récupérer le van et commencer notre périple. 2 jours censés nous permettre de plonger sur la grande barrière, problème Cairns est en alerte orange dûe à un typhon qui traine dans le coin, le même que celui qui a pourri la fin de notre voyage en Nouvelle Calédonie !

Après 2 jours à glander sous la pluie nous récupérons enfin la bête, modèle Bertha de chez Toyota avec 330.000km au compteur, mais surtout un espace de vie réduit au minimum à l’intérieur. C’est sûr qu’après le camping-car en Nouvelle Zélande et le luxe en Nouvelle Calédonie ça fait tout drôle. Nous entamons donc notre route vers le sud avec l’idée de s’éloigner le plus possible de la région de Cairns, de son typhon et de ses routes coupées par les inondations. 2h après avoir pris le volant, Thomas se fait flasher par une voiture banalisée, résultat 220$ d’amende plus 75$ de frais administratifs. Nous ne voulions pas visiter l’Australie, le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle nous le rend bien ! En chemin nous ferons malgré tout quelques arrêts au gré de cascades, forêts et immenses champs de canne à sucre. Après 350 km la nuit tombe soudainement, difficile d’y voir quelque chose avec les phares de notre van, c’est donc ici, sur le parking d’une station essence abandonnée, que nous passerons notre première nuit sous des trombes d’eau. Il est 2h du matin nous dormons à poing fermé quand soudain :

« Aahhh mon dieu !!!»

« Quoi ? Qu’est ce qu’il y a Emilie ? Une bête dans le lit ? »

« Nan c’est quoi ça ?? »

Tout droit face à nous dans la pénombre de ce parking abandonné et à des kilomètres du premier village, une femme debout à la fenêtre de notre van en train de nous fixer sans un mot, le réveil est brutal, les cris d’Emilie finiront par convaincre la jeune femme de s’enfuir en titubant, probablement une fille sous drogue ou bourrée… saleté d’australiens !

La route nous emmène ensuite vers Airlie Beach, point de départ des excursions pour les Whitsundays Island. Si les paysages y sont magnifiques, l’eau n’est pas aussi clair qu’à l’accoutumé en raison des fortes pluies de ces derniers jours, sans compter que nous ferons la visite des îlots à marée haute, pas le même rendu que sur les photos, ce qui a le don d’agacer Thomas !

Prochaine étape plus au sud, le Cape Hillsborough pour croiser nos premiers kangourous vivants (on en a croisé énormément le long de la route…écrasés !) puis en allant vers le centre cette fois nous passerons l’après midi au parc national Eungella au beau milieu de cacatoès et d’ornithorynques…

Aujourd’hui comme tous les jours depuis que nous sommes là, il pleut. Impossible de sortir du coup nous restons dans la voiture pour regarder des films. Le soir venu, au moment de démarrer le véhicule afin d’aller nous cacher dans une zone résidentielle, le van ne démarre plus et pour cause Thomas a laissé les feux de croisement allumés tout l’après midi. Emilie qui refuse de se laisser abattre démarche 5 ou 6 personnes dans la rue pour la pousser et éventuellement la faire repartir. La Bertha qui porte bien son nom est extrêmement lourde mais avec l’aide de nos 6 courageux Australiens nous arrivons à lui faire prendre de la vitesse, Thomas monte en marche pour la faire démarrer et… ho merde c’est une automatique, j’avais complètement oublié, donc ça ne marchera pas ! Il faut maintenant l’expliquer aux 6 pousseurs qui nous regardent d’un air désabusé, même en étant 2 cela reste un grand moment de solitude…

Notre itinéraire nous emmènera ensuite  le long des plages de la côte Est avec là encore la frustration de ne pas pouvoir se baigner. Saison des pluies oblige, il est formellement déconseillé de faire trempette. Entre les crocodiles de mer, les requins, les méduses boites et méduses Irukandji (toutes les 2 mortelles), vous avez une chance sur 2 de ne pas ressortir de l’eau ! Bref l’Australie ça commence à bien faire !

Town 1770 une charmante petite bourgade, nous resterons cependant 2-3 jours le temps pour Thomas de concrétiser son rêve australien en se mettant à l’eau pour 3h de leçon intensive de surf. Le lendemain place à la plongée sur la fameuse grande barrière de corail. Au réveil pas de chance, il pleut et la mer est déchainée, sur le bateau les trois quart des gens vomissent ! Au bout d’une 1h30 de traversée, nous arrivons aux alentours de Lady Musgrave Island, dernière chance pour nous d’atteindre la grande barrière de corail. Une fois dans l’eau aucune surprise, la visibilité est catastrophique mais le pire reste à venir. L’un des plongeurs du groupe consommera son oxygène en 25 minutes, et dans ce cas là toute l’équipe doit refaire surface ! 90€ pour une plongée de 25min sans visibilité, ça fait cher la plongée. Bref, l’Australie ce n’est vraiment, vraiment pas pour nous !

Hervey bay ou Kgari en aborigène signifie paradis, et pour la première fois la chance semble avoir tournée, le soleil est de la partie ce matin sur Fraser Island, île sauvage par excellence où des lacs émeraudes côtoient la forêt tropicale et des plages de sables à perte de vue, dont l’une d’elle est le lieu de résidence de l’épave du Mahebo. Pour une fois que le soleil est au rendez-vous, nous serions bien restés plus longtemps, mais les distances sont longues en Australie et nous devons rendre le van à Melbourne le 1er mars, il reste encore de la route !

Prochain arrêt : Noosa, ville chic balnéaire, l’occasion pour Tom de mettre en pratique la leçon de la semaine passée et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on ne devient pas Kelly Slater en 3h ! Qui dit ville balnéaire dit aussi et surtout fruits de mer, adieu les soupes instantanées, place à la langouste et ses copines ! Inutile de vous dire que pour la première fois depuis que nous sommes en Australie, nous nous endormirons avec le sourire ! Comme quoi une langouste et ça repart, on est des gens simples finalement!!

Sur la route de Brisbane, nous ferons une halte à L’Australian Zoo, histoire d’évoluer au plus près de l’impressionnante faune qu’offre ce pays ! Comme des enfants, nous assisterons aux explications sur la vie des koalas, avant de partir nous balader au milieu des kangourous et d’assister au repas des crocodiles !

Petit arrêt sur Brisbane histoire de récupérer nos passeports (ça c’est fait !) et de nous rendre compte que conduire en ville à gauche c’est toujours pas notre truc !

Pas de temps à perdre, direction Surfer Paradise à 1h30 puis, Byron Bay et Lennox Head,  paradis des surfeurs comme indiqué mais pas de n’importe quel niveau, le genre australien hyper musclé et super cool, l’image de la Gold Coast par excellence ! On y passera en coup de vent, juste le temps d’humer l’odeur de l’océan !

Un peu plus au Sud nous tomberons sur la ville de Mc Lean, ville à l’accent écossais, et qui dit Ecosse dit temps de chiotte, la pluie refera donc allègrement son apparition le temps d’un soir !

En chemin nous déciderons de quitter la côte pour la waterfall way, occasion d’admirer des paysages différents notamment des gorges et des chutes d’eau cachées au sein de forêts humides. Un trajet magnifique sur des routes sinueuses, parfois des pistes, et puisque cela faisait quelques jours que tout roulait pour nous, nous éclaterons le bas de caisse sur un rocher… décidemment  aucun répit dans ce pays!

Nous reprenons l’autoroute, la fameuse M1 Bruce Highway, toujours en direction de Sydney, sur notre passage nous ferons de brefs arrêts dans les villes de Port Maquarie et Seal Rocks.

Notre dernière escale et pas des moindres avant Sydney consistera à visiter la Hunter valley connue pour son pinot noir, autant dire que là il peut bien pleuvoir, y avoir des crocodiles ou un problème mécanique, cela ne nous empêchera pas de passer du bon temps !

Nous voilà enfin à Sydney, après 3500km, où nous allons souffler le temps de 4 jours, oubliez le van, il n’est pas le bienvenu dans les grandes villes. Finalement ce n’est pas plus mal, nous commencions à être un peu las de la promiscuité qu’offre la van ainsi que toute la logistique qui en découle, notamment celle qui consiste à trouver chaque nuit une nouvelle cachette pour dormir entre station essence et zone résidentielle ! Nous nous paierons donc le luxe d’une chambre d’hôtel dans la ville de Sydney. C’est à Manly que nous prendrons nos quartiers, à 30 minutes de Sydney en Ferry, point de base idéal pour visiter la ville sans pour autant se retrouver au beau milieu de l’agitation du centre ville. Ici nous sommes entourés des plages de la baie de Sydney, l atmosphère y est détendue et la population un brin bobo, bref le quartier idéal pour se requinquer après 3 premières semaines un peu délicate. Quant à Sydney c’est une ville où il fait bon vivre, organisée autour de sa baie entre l’Harbour Bridge et l’Opéra, œuvre architecturale aux charmes indéniables devant laquelle on repasse  sans cesse. Entre Chinatown et sa cuisine qui vous redonne le sourire après un mois de nouilles instantanées et fast food, le fish market (deuxième plus grand marché au poisson de la planète après celui de Tokyo) et sa vente aux enchères du matin digne du Palais Brongniart des années 80, sans compter les différents jardins botaniques et autres musées qui façonnent la ville, bref nous n’aurons pas le temps de nous ennuyer. Nos 4 jours à Sydney passerons à vitesse grand V et entamerons par la même occasion le processus de réconciliation avec l’Australie.