Nouvelle Calédonie : Sur le caillou

Nouvelle Calédonie : Sur le caillou

 

En route pour Nouméa avec la compagnie Air Calin, tout un programme, et déjà un petit air de chez nous à l’approche de l’hôtesse de l’air : « Qu’est-ce que je peux vous servir pour l’apéritif  Mr , un pastis peut être ? »

Les bagages sont récupérés, direction la douane, devant nous, un groupe de 25 personnes dépasse tout le monde en faisant la biz aux douaniers qui ne leur demande rien en retour, ça à l’air plutôt cool effectivement la NC, en même temps la devise locale « casse pas la tête !» annonçait quelque peu la couleur.

En atterrissant à Nouméa nous ne sommes pas dans un TOM ni dans un DOM, plus dans une COM mais dorénavant dans un POM (pays d’outre-mer), bref la Nouvelle-Calédonie c’est la France mais pas tout à fait ! Ici nous rejoignons Julien un tourdumondiste rencontré au Laos puis au Népal et qui en rentrant en France à trouver le moyen de dénicher une mission de 2 ans à Nouméa au service informatique de la CAFAT (comprenez la sécurité sociale locale), du coup pour lui c’est « doucement le matin et pas trop vite l’après midi.

Nous rejoignons donc la « coloc » que Julien partage avec Marty (un jeune médecin de Boulogne sur Mer » expatrié en NC depuis hier et les Mathilde, 2 jeunes Kinés expatriées pour quelques mois. La première soirée sera l’occasion de jeter un œil au programme concocté par Julien qui en dehors de son travail sait se montrer particulièrement hyperactif ! Résultat : 3 jours de catamaran, 5 jours en brousse, 2 jours à Nouméa puis 3 jours sur l’île de Lifou, 3 autres sur l’île des Pins et enfin 3 jours à Nouméa, bref à peine le temps de respirer, sans compter que chaque jour a son lot d’activités prédéfinies ! « Mais Juju, quid des 8h de sommeil d’Emilie ?! »  Le premier repas posera également les bases quant à la qualité de vie dont jouissent les métropolitains en NC. Bouteilles de Bordeaux, baguettes, charcuterie et fromage de chez nous sont là pour le confirmer, sans compter qu’il fait 25° à 23h ! Un dernier verre et au lit, il est 1h30 du matin juste le temps pour Julien de nous préciser « qu’au fait demain j’ai réservé 1h de wakeboard à 6h30 du matin, donc mettez le réveil à 5h45, bonne nuit » ! Réveil non sans mal le lendemain, il fait déjà très chaud. Au programme ce matin comme prévu : wakeboard, c’était pas une blague ! Après quelques essais infructueux nous finirons par sortir de l’eau l’un comme l’autre avant de s’essayer à quelques virages qui se termineront systématiquement par une belle chute !

Comme toute île qui se respecte la NC n’est pas uniquement synonyme de belles plages, les marchés colorées de la ville font donc la part belle aux poissons, fruits et légumes de la région, pour le plus grand bonheur d’Emilie.

A la tombée du jour direction le port pour un week-end de 3 jours en catamaran avec 8 autres amis de Julien. A peine le temps de poser nos bagages dans la cabine que le cata met les voiles direction la baie béhèma à 2h30 de là, où nous passerons la nuit.

L’air du large au réveil et les nuances de bleu qui composent l’eau invite à la baignade. Ni une ni deux à l’eau avec notre  « PMT », comprenez Palme-Masque -Tuba, l’accessoire indispensable du calédonien ! Si les autres décident d’aller pêcher avec le fusil, (faut bien manger !) ils nous semblent plus opportun de commencer par une simple session snorkeling…  A peine 5 minutes que Thomas a la tête sous l’eau et déjà l’heure d’un premier tête à tête avec un requin pointe blanche d’environ 2 mètres, le snorkeling c’est fini!  Pour le reste repas de salade tahitienne préparée avec la pêche du jour,  coucher de soleil, apéro et farniente. Le retour sera néanmoins quelque peu délicat, nous apprendrons à nos dépends que Janvier est la saison des typhons en Nouvelle Calédonie. Les rafales de vent nous ramèneront tant bien que mal sur Nouméa, plus mal que bien  pour Thomas qui découvrira à cette occasion les joies du mal de mer… (Tu parles d’un breton !)

A peine rentrés à Nouméa que nous repartons aussitôt cette fois pour la brousse (comprenez la campagne de l’île). En fait l’île principale est divisée en deux :

- Nouméa la capitale un peu sophistiquée et où l’on  croise principalement des caldoches  (calédoniens blancs) et des métropolitains venus s’installer le temps d’une mission ou d’une vie.

- La brousse, qui englobe le reste de l’île, c’est ici que l’on croise les kanaks, la terre rouge ainsi que la végétation verdoyante dont le cœur de Voh rendu célèbre par les clichés de Yann Arthus Bertrand que nous n’aurons malheureusement pas le temps de voir !

Le programme de Julien nous offre une immersion de 5 jours en brousse entre nuit en tribu, bougna fait maison cuit dans les feuilles de bananes, balade le long de la côte, passage de rivière en bac…bref à cet instant les bars et l’atmosphère quelque peu surfaite de Nouméa sont loin derrière nous. Sur la route chaque personne que l’on croise à pied, en vélo ou même en voiture nous salue. A l’heure de demander notre chemin à la première personne venue, celle-ci fera un crochet de quelque kilomètres pour nous escorter avant de venir nous saluer accompagné d’une dizaine de mangues en guise de bienvenue sur son île. C’est aussi et surtout ça la brousse, des gens souriants avec le cœur sur la main. Comment ne pas tomber également sous le charme des paysages offerts par la région entre cascades et forêts luxuriantes en bordure d’océan, sans parler de cette terre rouge, la richesse première de l’île 4ème plus gros producteurs de Nickel de la planète. Seul bémol la météo a quelque peu décidé de gâcher la fête, entre les rafales de vents et pluies incessantes nos plongées seront moins saisissantes que prévu,  ici au pays des tortues, raies mantas et requins…

Bien obligés de se rabattre sur des activités d’intérieurs nous terminerons notre escapade en brousse dans l’ancienne prison de la Foa afin de mieux comprendre l’histoire du pays et ainsi de mieux cerner la défiance qui existe encore entre les Kanaks et les caldoches. Tout à commencer le 2 septembre 1863 lorsque la NC devient un lieu de transportation des bagnards de métropole en remplacement de la Guyane dont le climat hostile abritait des animaux dangereux. Si certains des prisonniers pouvaient rentrer en Métropole après avoir purgé leur peine, ceux dont la condamnation excédait huit ans devaient rester vivre sur l’île à vie. Une fois remis en liberté une concession de terre était faite aux anciens prisonniers bien souvent aux dépends des tribus locales qui finiront par se soulever entre famines et résignations de voir les terres les plus fertiles données aux blancs et en guise de compensation se voir attribuer des terres peu fertiles et difficile à cultiver au beau milieu des montagnes.

Si les kanaks sont certainement l’un des peuples les plus attachants que nous ayons rencontrés, les rivalités avec les blancs ressortiraient très fréquemment lors de soirées arrosées et selon les dires : mieux vaut s’absenter le plus rapidement possible dans ces cas là.

A notre retour sur Nouméa, nous serons invités chez Lila et Julien pour gouter aux trocas, coquillages typique de NC et pêchés lors du trip en catamaran, encore une fois un vrai plaisir pour nos papilles ! Le soir même nous aurons la désagréable surprise d’apprendre que notre week-end de 4 jours sur l’île paradisiaque de Lifou est tombé à l’eau en raison du climat. Après quoi notre séjour sur l’île des Pins sera quant à lui écourté en raison d’une météo décidément peu clémente. Pas question de se laisser abattre pour autant, résultat nous profiterons au maximum de l’île des Pins le temps d’une baignade dans une piscine naturelle idyllique, après quoi direction la plage pour y déguster une langouste les pieds dans l’eau, tout simplement…

Retour à Nouméa pour une journée jet ski autour des îles de la capitale incluant un tour de 15 minutes en hélicoptère au-dessus de la barrière de corail et des îles alentours. Avant dernier soir sur le caillou, c’est déjà l’heure des adieux ! Le temps d’un barbecue à la coloc puis d’un passage à la bodeg (the place to be à Nouméa !), on se sent comme à la maison !

Ce séjour sur le caillou aussi bref qu’intense, nous aura permis de retrouver un peu de chez nous à l’autre bout du globe, accueillis par une superbe équipe ! C’est sûr on repassera !