Argentine Sud: Patagonie

Argentine Sud: Patagonie

Nous laissons la douceur de la capitale derrière nous pour nous aventurer dans un monde beaucoup plus hostile et mystérieux…la Patagonie. Avec moins d’un habitant au mètre carré, cette région plus grande que la France est un des territoires les plus impressionnants de la planète de part la variété de ses paysages. Nos premiers pas en Patagonie, nous amènerons sur la côte Est et plus précisément dans la péninsule Valdès connue pour sa faune marine. Toujours en compagnie de notre jeune retraitée, nous déciderons de louer une voiture afin de découvrir les moindres recoins de cette péninsule. Le long du littoral nous partirons tour à tour à la rencontre de centaines de manchots, de lions de mer, et enfin d’éléphants de mer pouvant atteindre un poids de 4 tonnes. Le clou du spectacle, une traversée en bateau de 2h30 pour aller voir de plus près les baleines, un spectacle enchanteur rythmé par les acrobaties d’une maman et de son petit, au beau milieu de cette baie où cohabitent jusqu’à 10.000 baleines entre octobre et Novembre. Côté paysage, des plaines austères à perte de vue balayées par le vent… et de la pluie beaucoup de pluie même au point de s’embourber sur les chemins de piste, pas grave Emilie et Mariette sont là pour pousser la voiture ! Nous rendrons la voiture le soir même dans un état catastrophique, impossible pour le loueur de vérifier l’état de la voiture et du pare brise sous l’épaisse couche de boue qui recouvre notre Yaris, sans compter que le moteur fait un drôle de bruit ! Pas le temps de discuter, ni une ni deux j’t’embrouille, on a un bus dans 10 minutes. On s’en sort bien… direction notre bus de nuit pour 26h de voyage pour la ville de Bariloche, surnommée la petite Suisse Argentine. Qui dit Suisse dit fromages et chocolat, vous imaginez bien la suite… Fondue aux fromages et mignardises, peu probable que nous y résistions !

Mais Bariloche est surtout la porte d’entrée pour la superbe région des 7 lacs. Toujours en voiture, nous partirons pendant 3 jours explorer un à un les fameux lacs. Météo au beau fixe, le reflet émeraude des lacs n’en sera que plus joli, chacun d’eux nous offrira un spectacle unique au milieu de cette nature verdoyante. Villa Angostura, San Martin de los Andes, Bariloche, se révèleront être des lieux où l’on imaginerait aisément prendre racine, et pourquoi pas le temps d’une retraite bien méritée ?!

A San Martin, nous prendrons nos quartiers dans un petit chalet, l’occasion pour  Mariette de nous mijoter quelques plats comme à la maison et de manger un peu plus équilibré. En effet si l’on mange extrêmement bien en Argentine, ici comme dans le reste de l’Amérique latine, manger des légumes n’est pas une priorité. Ainsi les plats de viande (entre 600gr et 800gr !) sont servis sans accompagnement ou éventuellement avec des frites ou de la purée sur demande.

En fait on ne va pas se voiler la face, nous avons plutôt bien vécu pendant nos 3 semaines en trio. La maman de Thomas étant venue accompagnée d’une valise remplie de billets afin de subventionner bons nombre de nos repas et excursions ! Pas question néanmoins de perdre nos réflexes de tourdumondistes à petit budget : présentation de nos cartes étudiantes légèrement expirées (depuis 2007 pour Thomas), demande de tarifs préférentiels pour notre covoyageur retraitée. D’ailleurs celle-ci se prendra volontiers au jeu en récupérant les couverts en plastique, papier toilette et sachets de thé et café à la moindre occasion. Pas de doute l’élève apprend très vite du maitre en la matière (Emilie)!

Tout les bonnes choses ayant une fin, nous quittons la région de Bariloche pour El Chalten, il fait froid et commence à faire nuit, il nous faut trouver un logement, mais c’est un peu compliqué, notre covoyageur découvre sans se plaindre malgré le sac sur le dos les désagréments du voyage où tout s’organise sur le tas. Avec au programme 2 balades d’une journée, notre séjour à El Chalten ne sera pas de tout repos. 7h de marche le premier jour pour se mettre en jambe, puis 8h le lendemain, dont une heure d’ascension sans fin au pied du Fitz Roy. Malgré les courbatures et la découverte en haut d’un lac recouvert de neige (et non pas bleu turquoise comme sur les cartes postales !), le jeu en vaut largement la chandelle, le sommet du Fitz Roy semble découpé aux ciseaux.

C’est donc les jambes lourdes que nous reprendrons à l’aube le lendemain la route pour le glacier Perito Moreno sous un temps grisâtre et avec un Thomas râleur et bougon comme jamais, la raison, il ne fait pas beau : les reflets tant attendus sur le glacier n’étaient donc pas au rendez-vous ! Cela dit, même sous la brume, le charme prend et pour cause ce monstre grand comme Buenos Aires et d’une profondeur de 15km en impose. Nous passerons plusieurs heures à admirer l’immensité du glacier. Depuis les passerelles qui lui font face nous resterons hypnotisés à chacun de ses grincements ou craquements annonçant la chute d’un énorme bloc de glace destiné à dériver dans les eaux turquoises du lac Argentina.

Après en avoir pris pleins les mirettes dans la région des glaciers, place à la terre de Feu, dernière étape de notre périple en Patagonie à 28h de bus ! C’est donc à Ushuaia que nous prendrons le temps de profiter de nos derniers instants avec la maman de Thomas. Nous nous paierons alors le luxe d’un appartement en duplex avec vue sur la mer. Et quoi de mieux pour clore cet épisode de notre voyage qu’un bon restaurant histoire de se sentir à la maison même au bout du monde. Nous finirons Chez Kaupé, un restaurant dans lequel nous rêvions de manger avant même notre départ, au menu la spécialité locale, le centolla (King crab).

L’heure des aux-revoir à sonner, d’abord à notre voyageur exemplaire de bout en bout qui part retrouver la grisaille parisienne, ensuite à l’Argentine, un pays qui a su nous charmer par sa population, ses paysages et bien évidemment sa gastronomie. L’Argentine vous l’avez compris, on a beaucoup aimé…