Good Morning Vietnam (Nord)

Good Morning Vietnam (Nord)

Force est de constater que nous avons  perdu trop de temps dans le sud du pays à cause du Têt,  nous devrons visiter le centre et le nord du Vietnam plus vite que prévu. Nous quittons donc Nha Trang pour Hoï An en bus de nuit. Malgré quelques secousses et klaxons nous finirons par nous endormir dans nos boites à savon individuelles.

A Hoï An, nous découvrons une ville hors du temps, des tailleurs et des maisons traditionnelles à chaque coin de rue bordent cette bourgade, certes touristique mais ô combien agréable le temps d’une balade.  A l’époque Viêt-Cong et américains s’étaient d’ailleurs engagés à ne pas bombarder la ville de Hoï An ; résultat la ville a conservé son charme d’antan et ses bâtisses coloniales aux murs jaunes et reliefs blancs. Le soir venu, Hoï An se transforme en ville des lumières avec ses lampions à perte de vue.

Malheureusement,  nous devons quitter Hoï An pour Hué à 4h de bus au nord. Si la vieille ville est  connue pour sa citadelle, c’est bien sa gastronomie qui fait avant tout la renommée de Hué dans le reste du pays : Banh Nam, Banh Loc, Nem Lui et autres Ra mit composeront nos repas du midi et du soir. Le lendemain, après un petit tour au marché nous partirons à la recherche de Quan Ba do, un restaurant authentique réputé à Hué. Oui, mais voilà, au Vietnam à chaque fois qu’un restaurant est référencé dans un guide quel qu’il soit, tous les restaurants aux alentours décident de porter le même nom, du coup  il est quasiment impossible de retrouver le bon!

Départ le 23 février pour 16h de bus direction Hanoï, la capitale,  avec cependant un énorme goûter dans le sac pour être sûr de tenir jusqu’à la capitale. Nous sommes partis depuis 9 minutes désormais et Emilie à d’ores et déjà fini son goûter… classique !  Une fois sur place, nous commençons notre visite par la vielle ville de Hanoï, à première vue c’est bruyant, plein de mobylettes et de vendeurs ambulants. En plus il est impossible de s’y retrouver même avec un plan, et pour cause,  1 rue sur 3 répond au nom de Nguyen, bref c’est le bourdel ! Le quartier français pour sa part dispose de larges artères à l’européenne avec des cafés à tout bout de champ. L’Opéra et la Cathédrale sont d’ailleurs des répliques de l’opéra Garnier  et de la Cathédrale Notre Dame, amusant ! La vielle ville est organisée comme dans tout le pays avec pour seul principe de vendre la même chose que ton voisin : forgerons avec forgerons, vendeurs de porte manteaux avec vendeurs de porte manteaux et même une rue spécialisée dans les fermetures Eclair (t’as pas dit zip !)

Persuadés d’être passés à côté de la vielle ville le matin même, nous y retournerons le soir venu et effectivement si le bruit et la circulation y sont intenses, la vielle ville à la fois prenante et fascinante a un charme fou. On se pose avec plaisir sur un tabouret le long du trottoir pour y déguster quelques Bia Hoï  (bière locale brassée le jour même sans conservateur pour être bue dans la journée) à 0,20€, c’est cadeau ! La vielle ville est aussi le repère de la street food, Bun Cha, Bun Bo, Pho Bo, nems, xoy en tout genre, tout est délicieux et même meilleur qu’à Bangkok. Le dernier soir à Hanoi, nous ferons la connaissance de Marie Amélie une française expatriée à Hanoi qui nous baladera dans la vielle ville en nous prodiguant quelques précieux conseils pour le reste de notre voyage.

Après 3 jours à Hanoï nous partons pour la Baie d’Along où nous attend une croisière de 2 jours.

En arrivant à l’embarcadère, première surprise nous sommes surclassés dans un bateau bien plus plaisant que prévu. A bord nous y ferons notamment la connaissance de Lucile et de son père Michel avec lesquels nous passerons le plus clair de notre temps. Depuis la terrasse du bateau, il nous faudra attendre une trentaine de minutes avant d’apercevoir enfin les énormes rochers karstiques sortirent de la brume. Certes tous les bateaux suivent le même itinéraire, certes il y a parfois jusqu’à 30 bateaux amarrés les uns à coté des autres, certes l’eau peut par endroit être souillée par ce tourisme de masse,  mais il n’empêche que les lieux sont fantastiques. D’ailleurs même si nous aurions préféré avoir un ciel bleu azur pour l’occasion, la brume donne néanmoins un coté mystérieux voire irréel. Nous débarquerons deux fois du bateau pour visiter des grottes absolument fabuleuses et immenses, puis  pour faire du kayak au milieu de la baie, sensation unique ! Après le coucher de soleil depuis la terrasse du bateau, nous  irons dormir au calme, oubliés mobylettes, chiens, oiseaux, klaxon et chèvres, enfin du silence…

300 photos plus tard, nous repartirons vers Hanoi pour un départ le soir même pour Sapa et le nord du pays.

Sapa, c’est l’image du Vietnam avec ses rizières en terrasses et ses dizaines d’ethnies différentes. Oui mais voilà le nord du pays est encore très peu développé en terme de transport,  résultat : pour faire 250km, comptez 10 heures de train de nuit pour rejoindre Lao Cai puis un minibus  de 1h pour enfin atteindre notre objectif. Il est 6h du matin, nous sommes enfin à Sapa, la ville se réveille à peine sous un épais manteau de brume. Une fois sur place,  nous louerons un 2 roues pour faire le tour de 3 villages (Cat-Cat, Taphin et Sa Seng), les paysages de  rizières adossées aux nombreuses montagnes sont absolument fantastiques et la population ici est particulièrement accueillante, notamment à Sa Seng et Taphin où les lieux sont encore quelque peu préservés du tourisme de masse . A Sa Seng nous verrons le coucher de soleil reflétant dans les rizières remplies d’eau, avant que de nombreux enfants viennent nous rejoindre. Bref, il aura fallu attendre nos derniers jours au Vietnam pour commencer à réellement apprécier le pays à sa juste valeur. C’est un peu dommage certes mais c’est un sentiment largement répandu auprès des voyageurs que nous avons rencontrés ces 24 derniers jours. Nuria, une espagnole de Saragosse  rencontrée le matin même, nous confirmera, comme beaucoup d’autres,  qu’elle ne reviendra pas de si tôt au Vietnam, pire, elle le déconseillera autour d’elle. Nous  partons le lendemain pour Dien Bien Phu dans un mini bus de locaux. Locaux c’est-à-dire : que le chauffeur fume une espèce de pipe à eau de 50 cm (un bang !) en inondant le bus de son odeur, mais aussi que le bus est rempli (au-delà du raisonnable) de locaux (à l’exception de nous 2), dont certains d’ethnie Hmong peu ou pas habitués aux trajets en montagne, passeront le voyage à vomir, le tout pendant 9h. Mélangez le tout et vous obtenez une arrivée à Dien Bien Phu sur les rotules.

Dien Bien Phu n’est pas seulement le nom d’une défaite française face aux Viêt-Cong, c’est avant tout une ville moche dans laquelle il n’y a absolument rien à faire, du coup nous n’y ferons rien, si ce n’est de s’incruster dans un spectacle local pour assister à ce qui ressemble à « la recherche de la nouvelle star » au Vietnam, un chouia ringard mais fun !

Départ à 4h30 le lendemain matin le 2 Mars pour le Laos…